L’idée qu’un antidépresseur pourrait faire maigrir intrigue. Dans une société où le moral et le poids sont souvent sources de souffrance, la question revient souvent : existe-t-il un antidépresseur qui fait perdre du poids ? Ou est-ce un mythe né de l’envie de tout solutionner avec une pilule ? Décryptage honnête et nuancé.
Antidépresseurs et poids : une relation ambivalente
De nombreux patients constatent une prise de poids sous antidépresseurs, surtout avec certaines classes (tricycliques, mirtazapine). Ce phénomène s’explique par :
- un ralentissement du métabolisme,
- une augmentation de l’appétit (souvent pour le sucre),
- ou une amélioration de l’état psychique, qui redonne goût à la nourriture.
Mais l’inverse est aussi possible : certains médicaments entraînent une perte de poids, en particulier au début du traitement.

Existe-t-il un antidépresseur qui fait vraiment maigrir ?
Il n’existe aucun antidépresseur prescrit dans le but de maigrir. Toutefois, certains peuvent provoquer une réduction de l’appétit ou une perte de poids. Voici les plus souvent évoqués :
Bupropion (Zyban, Wellbutrin)
- Classe : antidépresseur atypique (dopamine/noradrénaline)
- Indications : dépression, sevrage tabagique
- Effet notable : perte de 2 à 4 kg chez certains patients
Le bupropion est celui dont l’effet amaigrissant est le plus documenté. Mais attention : il a des contre-indications sérieuses (risque de convulsions, troubles alimentaires…).
Fluoxétine (Prozac)
- Classe : ISRS
- Effets : nausées, perte d’appétit, perte de poids temporaire
La perte de poids survient surtout au début du traitement, puis se stabilise. Elle est modérée.
Sertraline et Citalopram
Ces ISRS peuvent réduire l’appétit ou, au contraire, le stimuler. Leurs effets sont hautement variables selon les individus.
Venlafaxine (Effexor)
En tant qu’IRSN, elle peut stimuler le métabolisme chez les patients très ralentis. Résultat : légère perte de poids au début.
Faut-il choisir son antidépresseur selon l’effet sur la balance ?
Non. Le poids ne doit jamais être le critère principal. Le choix dépend de :
- vos symptômes : anxiété, ralentissement, troubles du sommeil…
- vos antécédents de santé,
- votre tolérance aux effets secondaires,
- votre suivi global (thérapie, alimentation, etc.).
Et sur les réseaux sociaux, on en dit quoi ?
TikTok, Reddit et autres forums regorgent de témoignages :
« Le bupropion m’a fait perdre 6 kilos »
« Avec le Prozac, j’ai retrouvé mon corps d’avant »
Mais ces récits sont anecdotiques et ne reflètent ni la réalité médicale ni les effets généralisables. Attention à ne pas se lancer dans l’auto-médication ou à réclamer un médicament pour de mauvaises raisons.
Que disent les études ?
- Le bupropion est associé à la moindre prise de poids, voire une perte.
- Les ISRS (fluoxétine, sertraline…) font parfois maigrir temporairement, mais à long terme, on observe une prise de poids légère à modérée.
- Les tricycliques et la mirtazapine sont les plus associés à une prise de poids.

Et la dépression elle-même ?
La dépression influence l’appétit : certains perdent du poids (fatigue, perte d’envie), d’autres en prennent (grignotage émotionnel, isolement). Le traitement vient s’ajouter à cela, mais ne fait pas tout.
Témoignage
« Quand mon psychiatre m’a prescrit du bupropion, je n’y allais pas pour maigrir. Mais en 3 mois, j’ai perdu 3 kilos. J’avais moins faim, je mangeais plus par besoin que par envie. Pour une fois, mon poids n’était pas au centre de ma vie. Et ça faisait du bien. » — Sarah, 35 ans
Conclusion : mieux vaut soigner la tête que surveiller la balance
Oui, certains antidépresseurs peuvent faire perdre du poids. Mais ce n’est ni systématique, ni souhaitable comme objectif. Leur mission première est de vous aider à aller mieux psychiquement.
Si la prise ou la perte de poids vous inquiète, parlez-en avec votre médecin. Il saura vous accompagner avec écoute, sans jugement, et peut envisager d’autres leviers : alimentation, sport, thérapie comportementale…
Tableau comparatif – Antidépresseurs et impact sur le poids
| Antidépresseur | Classe | Effet fréquent sur le poids | Commentaires |
|---|---|---|---|
| Bupropion (Wellbutrin) | Atypique (IRDN) | 🔻 Perte de poids fréquente | Peu d’impact sur l’appétit ou réduction. Bien toléré, mais attention aux contre-indications. |
| Fluoxétine (Prozac) | ISRS | 🔻 Perte de poids transitoire | Au début du traitement surtout, effet qui s’atténue ensuite. |
| Sertraline / Citalopram | ISRS | ⚖️ Variable selon les profils | Certains prennent du poids, d’autres en perdent. |
| Venlafaxine | IRSN | 🔻 Stimulation possible du métabolisme | Peut induire une légère perte chez les patients ralentis. |
| Mirtazapine | Antagoniste sérotonine | 🔺 Prise de poids fréquente | Augmente significativement l’appétit et le sommeil. |
| Amitriptyline | Tricyclique | 🔺 Risque élevé de prise de poids | Effet sédatif et hyperphagie fréquente. |
FAQ – Est-ce que les antidépresseurs font grossir ? Quels liens avec l’alimentation ?
Oui, certains antidépresseurs peuvent entraîner une prise de poids, notamment les tricycliques ou la mirtazapine. Cet effet secondaire varie d’un patient à l’autre. À l’inverse, des molécules comme le bupropion ou la fluoxétine peuvent induire une perte d’appétit et donc de poids. Il est important de ne pas choisir son traitement uniquement en fonction du poids, mais en fonction du tableau clinique global.
Voici quelques aliments qui soutiennent le moral naturellement :
– Poissons gras (saumon, sardines) : riches en oméga-3
– Légumineuses et riz complet : source de tryptophane et vitamine B6
– Chocolat noir, amandes : magnésium pour réduire le stress
– Fruits riches en vitamine C (kiwi, agrumes) : boostent l’énergie
– Yaourts, kéfir, choucroute : riches en probiotiques, bon pour l’axe intestin-cerveau
Associer antidépresseur et alimentation équilibrée permet de mieux réguler son humeur et son poids, naturellement.
Oui, en surveillant son hygiène de vie : alimentation riche en fibres, protéines, aliments anti-déprime, hydratation, activité physique douce (marche, yoga…). Un suivi nutritionnel peut aussi être utile si la prise de poids devient problématique.
Pas nécessairement, mais ils doivent être prescrits en fonction de l’état psychique, non du poids. Par exemple, le bupropion n’est pas adapté en cas de troubles alimentaires ou d’antécédents de convulsions. Seul un professionnel peut adapter la molécule à ton profil.
Oui, surtout au début d’un traitement ISRS (fluoxétine, sertraline…). Cela s’accompagne parfois de nausées ou d’un dégoût alimentaire passager. Si cela persiste ou s’aggrave, il est essentiel d’en parler au médecin.
- Choc émotionnel : quel traitement naturel pour surmonter un traumatisme ?
- Dépression et huiles essentielles : comment l’aromathérapie peut-elle soutenir votre moral ?
- Acné hormonale : comprendre les causes et trouver des solutions durables
- Hormone du bonheur : comment activer la chimie naturelle de votre bien-être ?
- Dérèglement hormonal : symptômes, causes et solutions pour retrouver l’équilibre


Pingback: Témoignage perte de poids après arrêt des antidépresseurs
Pingback: Perte de poids et dépression : comprendre le lien et se reconstruire